C'est la pièce qu'un coordinateur S.S.I. laisse derrière lui et que l'exploitant conserve. Elle porte les corrélations entre zones, les temporisations et les valeurs de référence — c'est-à-dire ce qu'un essai annuel compare. Sans elle, la vérification se fait contre la mémoire de l'installateur.
Une vérification de système de sécurité incendie compare l'installation à quelque chose. Ce quelque chose porte un nom : le dossier d'identité du S.S.I., constitué par le coordinateur S.S.I. à l'issue de sa mission, et conservé par l'exploitant.
C'est le document qu'une commission de sécurité réclame et qu'une entreprise de vérification ouvre avant de mesurer quoi que ce soit. Sa composition est fixée par NF S 61-932, qui l'organise en trois parties.
Douze rubriques, et ce sont celles qu'un technicien ouvre en premier. On y trouve la notice d'exploitation du S.D.I. et du C.M.S.I. avec ses consignes simplifiées, le plan d'implantation des matériels centraux, et le plan des faces avant de l'équipement de contrôle et de signalisation.
Puis les deux jeux de plans qui font le travail :
Et la pièce centrale : le tableau des corrélations entre zones de détection et zones de mise en sécurité, la liste des fonctions, puis la description détaillée de chaque scénario — temporisations comprises. C'est cette description qui dit ce qu'un essai doit produire.
S'y ajoutent les schémas de principe ventilation et désenfumage, le listing de programmation, le schéma unifilaire, et le contrat de maintenance avec sa notice.
La partie B rassemble huit rubriques d'installation : l'historique des travaux, la notice de sécurité, l'attestation de formation des exploitants, les certificats de conformité des matériels et le rapport d'associativité entre constituants, la liste des matériels installés, le plan de câblage des baies et les documentations techniques.
La partie C tient l'administratif, dont le cahier des charges fonctionnel — le document qui dit ce que l'installation était censée faire, et contre lequel se juge ce qu'elle fait.
Le rapport d'associativité mérite une mention à part. Il atteste que les constituants assemblés fonctionnent ensemble. Un remplacement de matériel par un modèle d'une autre marque, même équivalent, appelle sa mise à jour — et c'est une pièce qu'une commission peut demander.
Un détail vaut d'être connu avant de réclamer une pièce par son nom. NF S 61-933, dans son édition de 2022, renvoie aux « valeurs de référence » du désenfumage en citant la rubrique Q du dossier d'identité.
Or l'édition 2008 de NF S 61-932 organise ce dossier en parties A, B et C, avec des rubriques numérotées, et le mot « rubrique » n'y apparaît pas une seule fois. Les deux textes sont pourtant exacts : la norme de 2022 vise une édition postérieure de NF S 61-932, où le dossier a été renuméroté.
Demander « la rubrique Q » à un exploitant dont le dossier date de 2008 revient donc à demander une lettre qui n'existe pas dans son classeur. Le contenu, lui, s'y trouve : ce sont les valeurs auxquelles les mesures de désenfumage se comparent.
L'absence du dossier ne suspend pas l'obligation de vérifier ; elle change ce que la vérification peut conclure. Sans corrélations écrites, un essai de scénario constate un comportement sans pouvoir dire s'il est le bon. Sans valeurs de référence, une mesure de désenfumage produit un nombre sans verdict.
La conduite à tenir est la même que pour toute pièce manquante : le constater par écrit, nommer la pièce et son fondement, et laisser l'exploitant décider. C'est aussi ce qui protège l'entreprise le jour où l'installation est prise en défaut.
Ce que ce dossier permet de vérifier est décrit dans ce que NF S 61-933 impose vraiment, et les mesures qui s'y réfèrent dans Désenfumage : qui vérifie quoi.
Le contenu décrit ici est celui que NF S 61-932 fixe pour le dossier d'identité ; cette norme est protégée, l'article la résume et ne la reproduit pas. La mission de coordination S.S.I. qui produit le dossier est définie par NF S 61-931. En établissement recevant du public, l'obligation de vérifier le système vient du règlement de sécurité, MS 73 § 2 en particulier.
Le coordinateur S.S.I., à l'issue de la mission de coordination définie par NF S 61-931. L'exploitant le conserve ensuite, et c'est à lui qu'une commission de sécurité ou une entreprise de vérification le demande.
Douze rubriques d'exploitation : notice d'exploitation, plans d'implantation, plans des zones de détection et des zones de mise en sécurité, tableau des corrélations entre elles, description détaillée de chaque scénario avec ses temporisations, schémas de principe ventilation et désenfumage, listing de programmation, schéma unifilaire et notice de maintenance.
Dans le dossier d'identité. NF S 61-933 dans son édition de 2022 les situe à la rubrique Q ; l'édition 2008 de NF S 61-932 organise le dossier en parties A, B et C sans employer ce repère. Le contenu est le même, la numérotation a changé entre les éditions.
La vérification reste due, mais ses conclusions changent de nature : sans corrélations écrites, un essai constate un comportement sans pouvoir le déclarer conforme, et sans valeurs de référence une mesure de désenfumage produit un nombre sans verdict. Le manque se constate par écrit, avec le nom de la pièce.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale. Malgré le soin apporté à leur vérification, ils peuvent comporter des imprécisions ou des interprétations discutables des textes cités ; ils ne constituent pas un conseil juridique et n'engagent pas la responsabilité de Pyrolis. Seuls font foi les textes officiels — normes, règlements, publications aux journaux officiels — dans leur version en vigueur.
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