Deux arrêtés — 1er décembre 2025 et 4 février 2026 — modifient les articles PE du règlement ERP. Une vérification triennale qui s'étend au gaz, un accès libre sans surveillance plafonné à dix-neuf personnes : trois dates à reporter sur les contrats des petits établissements.
Un commerce de quartier, un cabinet, une salle associative, un petit restaurant : voilà des établissements de 5e catégorie. Le terme désigne les plus petits — ceux dont l'effectif reste sous le seuil fixé pour leur activité — et il commande un régime à part, écrit dans un livre entier du règlement de sécurité dont les articles commencent par les lettres PE. Trois dates de 2026 changent ce régime, et elles viennent de deux arrêtés publiés à deux mois d'intervalle.
Tout établissement recevant du public porte deux étiquettes. Un type, qui dit l'activité — M pour un magasin, N pour un restaurant, W pour des bureaux. Et une catégorie, qui dit le nombre de personnes reçues. L'article R. 143-19 du code de la construction et de l'habitation pose les quatre premières par tranches : plus de 1 500 personnes en 1re, de 701 à 1 500 en 2e, de 301 à 700 en 3e, 300 et au-dessous en 4e. La 5e se lit à l'envers — c'est l'établissement « dans lequel l'effectif du public n'atteint pas le chiffre minimal fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'exploitation ».
Ce chiffre minimal change avec l'activité, et il est réuni dans un tableau, à l'article PE 2. Un magasin quitte la 5e catégorie à 100 personnes en sous-sol ou en étage, ou 200 au total ; un restaurant à 100 en sous-sol, 200 en étage, 200 au total ; un lieu de culte à 100, 200 et 300. Les trois nombres se lisent en « ou » : en atteindre un seul suffit. Dernier détail, et il pèse sur les petits établissements : en 5e catégorie, le personnel ne compte pas dans l'effectif (PE 3), alors qu'il compte pour les quatre autres.
Ce tableau a lui-même bougé : l'arrêté du 1er décembre 2025 l'a modifié, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2026. La frontière entre les deux régimes est donc mobile, et c'est elle qui décide du règlement applicable à tout un parc.
L'article PE 4 fixe les vérifications techniques dues en 5e catégorie. Sa version en vigueur au 1er juillet 2026, issue des articles 3 et 4 de l'arrêté du 1er décembre 2025, impose un passage « tous les trois ans au plus » sur le chauffage, les installations électriques, les installations de gaz combustible, les appareils de cuisson, l'extraction d'air, les ascenseurs et les moyens de secours.
L'ajout du gaz est le point à retenir pour un devis. Il s'accompagne, dans le même mouvement de texte, d'un article PE 10 B consacré aux installations de gaz combustible et d'une vérification à la construction ou après travaux. Un contrat d'entretien signé sur la rédaction antérieure de PE 4 couvre donc une liste plus courte que celle du texte en vigueur.
Le régime des locaux réservés au sommeil reste à part, et il ajoute deux exigences à la triennale : détection incendie, désenfumage et installations électriques vérifiés avant ouverture par des organismes agréés, et un contrat annuel d'entretien. Un hébergement de 5e catégorie n'est pas gouverné par la seule triennale.
L'arrêté du 4 février 2026 récrit l'article PE 27, et sa notice le dit en une phrase : la modification « autorise désormais les ERP de 5e catégorie sans locaux réservés au sommeil à proposer un accès libre au public sans surveillance permanente ». Autrement dit, un local peut ouvrir sans personne derrière un comptoir. Deux conditions vont ensemble : l'exploitant « limite l'accès de l'établissement à dix-neuf personnes », et il « respecte les mesures d'un cahier des charges publié par le ministère chargé de la sécurité civile et les ministres intéressés ».
Les autres exigences du règlement — évacuation, signalisation, moyens de secours — restent dues. Ce que le texte lève, c'est la présence humaine permanente, et il la lève contre un plafond chiffré et un document opposable. Pour un prestataire, c'est une catégorie de sites qui s'ouvre : des locaux en libre accès où personne n'est présent pour réaliser les contrôles d'exploitation que d'autres textes confient à l'exploitant — les essais mensuels de blocs autonomes de NF C 71-830, par exemple. La consigne d'exploitation devient une question contractuelle avant d'être une question technique.
| Texte | Article touché | Ce qui change | En vigueur |
|---|---|---|---|
| Arrêté du 1er décembre 2025, art. 2 | PE 2 | Tableau des seuils par type — la frontière du 1er groupe | 1er janvier 2026 |
| Arrêté du 1er décembre 2025, art. 3 et 4 | PE 4, PE 10 B | Vérification « tous les trois ans au plus » étendue aux installations de gaz | 1er juillet 2026 |
| Arrêté du 4 février 2026 | PE 27 | Accès libre sans surveillance permanente — plafond de 19 personnes et cahier des charges | 1er mai 2026 |
Les valeurs et les dates de cet article ont été relevées le 30 août 2026 sur les versions consolidées de Légifrance : PE 2 en vigueur au 1er janvier 2026, PE 4 au 1er juillet 2026, PE 27 tel que modifié par l'arrêté du 4 février 2026, et R. 143-19 du code de la construction et de l'habitation. Le cahier des charges qu'invoque PE 27 fait l'objet d'une publication ministérielle distincte : c'est la pièce à réclamer sur un site passé en accès libre.
Oui — l'obligation vient de l'article R. 143-44 du code de la construction et de l'habitation, qui vise tous les ERP sans distinguer les catégories. Ce sont les pièces qui y sont annexées qui varient : la triennale de PE 4 y prend la place que les vérifications annuelles du livre II occupent dans le premier groupe.
Non. La vérification annuelle des extincteurs relève de NF S 61-919 et du contrat d'entretien, et sa périodicité est la sienne. PE 4 fixe une périodicité maximale pour un ensemble d'installations techniques ; il ne rallonge aucune échéance plus courte portée par un autre texte ou par la notice d'un constructeur.
En comparant l'effectif à la ligne de son type dans le tableau de PE 2 — et en gardant à l'esprit que le classement d'un établissement est prononcé par l'autorité, sur un effectif déclaré et après avis de la commission de sécurité. Un calcul sur un effectif saisi restitue ce que les tables donnent, ce qui est déjà l'essentiel pour préparer un devis.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale. Malgré le soin apporté à leur vérification, ils peuvent comporter des imprécisions ou des interprétations discutables des textes cités ; ils ne constituent pas un conseil juridique et n'engagent pas la responsabilité de Pyrolis. Seuls font foi les textes officiels — normes, règlements, publications aux journaux officiels — dans leur version en vigueur.
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